Position sur l’IA générative pour ce cours

(texte rédigé sans l’aide d’IA générative)

Ce document a pour objectif de préciser le positionnement des intervenants du cours sur l’IA générative, ainsi que les attentes vis à vis des apprenants.

1. Contexte

1.1. Le seisme IAgen

L’IA générative (IAgen) est arrivée très subitement sous un grand nombre de forme (texte, images, vidéos, sons, code). Le principal bouleversement est de voir des outils automatisés accomplir des tâches que nous pensions pour toujours révervées aux humains. Les progrès réalisés sont d’une rapidité étourdissante, et chaque année il est nécessaire de réévaluer à la fois les capacités de l’IAgen, et notre jugement de ce que cela implique.

L’informatique est probablement l’un des secteurs les plus concernés par ce nouveau type de technologie, avec l’explosion des assistants de code qui s’imposent dans tous les outils de développement logiciel, et qui sont d’une redoutable efficacité. Il est désormais par exemple possible de confier un cahier des charges écrit en langue naturelle (français, anglais, etc.) à un assistant de code, et ce dernier peut réussir à produire un logiciel qui satisfait décemment les exigences. Certes, rédiger un cahier des charges adapté au besoin humain reste un tâche complexe et experte, mais il semble aujourd’hui possible de se "libérer" d’un grand nombre de tâches techniques − au détriment d’une perte de la compréhension du code, et avec le risque d’une dette technique et cognitive en conséquence.

À l’heure de ces lignes, l’essentiel du monde professionnel du numérique semble s’être emparé des assistants de code. La plupart des entreprises font le pari de pouvoir augmenter leur rentabilité en produisant du code beaucoup plus rapidement, et si possible en nécessitant moins d’ingénieurs qu’auparavant (notamment moins de juniors, tristement). Au moins dans les prochaines années, il est donc vraissemblable qu’un employé diplômé en informatique fasse un usage quotidien de l’IAgen pour concevoir et produire des logiciels.

Nous ne détaillerons pas ici les nombreuses craintes qui ont déjà été formulées au sujet de l’IAgen : empreinte environnementale importante et en forte croissance, contribution à une "fuite en avant" du numérique dans un monde confronté aux limites planétaires (notamment les stocks de métaux et d’énergie fossile), vol de données pour construire les modèles, monopole d’entreprises américaines qui imposent cette technologie sans réflexion démocratique et sans réfléchir aux conséquences, risque cognitif ("ne plus savoir réfléchir"), facilitation de la création de fausses information, caractère non déterministe de ces outils sans garantie de "bonne réponse", etc.

1.2. Incertitudes sur l’avenir de l’IAgen

Aujourd’hui, le coût nécessaire pour produire et commercialiser des outils d’IAGen est énorme. La quantité de calcul pour entraîner et exécuter des modèles génératifs requiert de gigantesques infrastructures de calcul − concrètement, des datacenters immenses faisant tourner des quantités extraordinaires de GPUs, parfois avec une centrale électrique dédiée pour couvrir le besoin en énergie. Et en toute logique, la construction et la maintenance de ces infrastructures requierent d’énormes investissements.

Une conséquence de ces infrastructures est que les revenus générés par les services d’IAgen (via des offres d’abonnement par exemple) sont aujourd’hui largement inférieurs à leur coût réel, ce qui nécessite aux industriels (Anthropic, OpenAI, etc.) de réaliser de (très) très grandes levées de fonds auprès d’investisseurs privés pour pouvoir fournir ces services. Ce montage tient pour le moment (tant que les investisseurs y croient), mais si l’industrie reste déficitaire trop longtemps, rien ne garantit que les investisseurs vont continuer de miser sur cette technologie qui leur fait aujourd’hui perdre énormément d’argent. Et si les investisseurs "coupent les vivres", c’est toute l’industrie qui s’effondre très rapidement, car sans moyen évident de subvenir à ses propres besoins.

Comme l’IAgen est aujourd’hui massivement déficitaire, il est possible (voire probable) (1) que l’industrie de l’IAgen subisse un choc majeur à court ou moyen terme, par effet d’éclatement de bulle, et (2) que les quelques survivants de cette bulle doivent augmenter de manière conséquente les tarifs de leurs services d’IAgen. Ainsi, rien ne garantit dans quelques années qu’il soit aussi facile et/ou gratuit de recourir à l’IAgen pour tout et n’importe quoi, que ce soit dans la vie personnelle ou dans la vie professionnelle. Dès que nous serons tous confrontés au coût réel de cette technologie, notre usage risque de changer en conséquence.

2. L’IAgen dans ce cours

2.1. Philosophie d’enseignement

Le point de vue pour cet enseignement est qu’un diplômé d’informatique doit pouvoir comprendre par soi-même les concepts et fondamentaux de l’ingénierie et du fonctionnement des systèmes informatiques. Par conséquent nous pensons qu’il est pertinent dans un processus d’apprentissage d’apprendre à faire sans IAgen :

  • Nous pensons qu’apprendre et maîtriser les notions requises nécessite de pratiquer l’informatique par soi-même, sans l’aide d’IAgen, pour se confronter directement aux notions sans l’intermédiaire d’un assistant IA.

  • Pour pouvoir correctement utiliser l’IAgen dans un contexte professionnel, il est indispensable d’une part de savoir quoi demander à un outil d’IAgen, et d’autre part de pouvoir comprendre ce qui est produit par l’IAgen afin d’en juger la qualité, la conformance aux besoins, ou la bonne intégration dans un système logiciel plus large. Tout cela requiert d’être capable de faire entièrement par soi-même tout ce que l’IAgen est capable de faire à notre place, pour pouvoir orienter une IAgen ou contrôler ce qu’elle produit.

  • Le futur est très incertain, et il est très difficile de prévoir la place que prendra l’IAgen dans les processus d’ingénierie à moyen/long terme. Ainsi, maîtriser les fondamentaux et "savoir faire sans" reste très important pour faire face à tous les scénarios futurs possibles.

2.2. Attentes et cadre proposé

Dans le cadre de cet enseignement, voici le cadre souhaité :

  • Cet enseignement ne vous apprendra pas à utiliser l’IAgen d’une quelconque manière que ce soit. En revanche, il n’est pas interdit de parler d’IAgen avec les enseignants ou de poser des questions en ce sens. Il est même préférable de ne pas cacher à l’enseignant que vous utiliser de l’IAgen, afin d’aider ce dernier à mieux vous aider dans votre apprentissage.

  • Vous pouvez utiliser l’IAgen pour travailler le cours et les exercices: pour aider à comprendre le cours, pour aider à comprendre la solution d’un exercice, etc. Il est de toute manière impossible de vous l’interdire : cela relève de votre vie privée et de votre libre arbitre.

  • En revanche, nous recommandons fortement de réaliser tous les exercices proposés sans aucune aide d’IAgen, car c’est tout simplement la manière la plus efficace d’apprendre : on essaie, on échoue, on comprend notre erreur, on ré-essaie, etc. Et on sollicite l’enseignant ou un⋅e camarade si on a besoin d’aide ! De même, soyez vigilants lors de l’usage de l’IAgen pour lire/résumer le cours, car si cette dernière se trompe dans une notion présentée, c’est de votre responsabilité.

  • Enfin, les évaluations écrite (CCE) et pratique (CCP) évalueront votre capacité à résoudre des problèmes sans l’aide d’IAgen, et les accès à ces outils seront donc interdits. Ainsi, pour réussir les évaluations, il est nécessaire à la fin du semestre que vous sachiez produire des connaissances et des résultats sans aide d’IAgen. Pour réussir, il vous sera donc nécessaire de développer vos compétences sans ces outils (cf point précédent).